Semaine 20 – Comment conseiller

On attaque (déjà!) la vingtième semaine du challenge Vis une Année Brillante! Je ne sais pas pour vous, mais j’ai l’impression que le temps passe vraiment vite 🙂 Alors, c’est Jim Knight, notre professeur cette semaine. Jim est Associé Principal chez ICG (Instructional Coaching Group) et chercheur au centre de recherche sur l’apprentissage de l’université du Kansas. Auteur de plusieurs livres, dont ‘The Impact Cycle’ en 2018, Jim est un spécialiste du coaching instructionnel et plus particulièrement du dialogue. Aujourd’hui, il nous parle de comment donner son avis.

Trois approches

Jim commence sa vidéo en nous annonçant son sujet de prédilection : le coaching dialogique ou coaching de dialogue. Il fait un clin d’œil à Michael Bungay Stanier (MBS) et à son livre The Advice Trap. Inutile de vous préciser que c’est un ouvrage qui fait partie de mes classiques, et que je donne en référence d’autant plus volontiers, qu’il encapsule The coaching habit, autre ouvrage de MBS, dans une approche encore plus globale de coaching.

Jim rejoint la pensée de MBS dans The Advice Trap : donner des conseils n’est certainement pas la meilleure façon d’avoir de l’influence. Jim pousse un peu plus loin cette idée en introduisant divers modèles de coaching, particulièrement ceux qui incluent un dialogue : 

  • Pour ne pas donner de conseils, nous pouvons avoir recours à une approche facilitatrice. Dans cette approche, on résiste à la tentation de donner son avis, de dire aux autres quoi faire. À la place, on pose des questions, on facilite l’apprentissage de notre interlocuteur. On ne partage pas son expertise pour permettre à l’autre d’arriver avec ses propres solutions.
  • Lorsque notre interlocuteur n’a pas l’expertise (si critique dans certains domaines comme l’enseignement ou la Santé), nous pouvons emprunter l’approche directive. Dans cette approche, on dit aux gens quoi faire, on donne notre opinion, des conseils. Et bien souvent, cela ne fonctionne pas, car, comme l’a mentionné MBS dans son livre, notre interlocuteur n’est pas intéressé à ce que nous avons à dire. Plus on insiste, plus l’autre résiste. L’ironie veut dire quoi faire aux autres n’amène aucun changement.
  • La troisième option est d’adopter l’approche dialogique. 

Trois ouvrages de référence

Trois ouvrages ont vraiment marqué Jim pour tout ce qui concerne le dialogue. Le premier livre est celui de Peter Senge, intitulé la 5ème discipline (The Fifth discipline), et plus particulièrement la citation suivante : ‘le quotient intellectuel de l’équipe est potentiellement plus grand que le quotient intellectuel des individus’. En d’autres termes, lorsqu’on est dans le dialogue, nous sommes plus intelligents ensemble que nous ne pourrions l’être seul.

Le second livre qui a influencé Jim est Pédagogie des opprimés (Pedagogy of the Oppressed) par Paulo Freire. Freire indique qu’il y a trois conditions pour le dialogue : l’humilité (sans arrogance, mais dans l’ouverture, pour entendre ce que l’autre a à nous dire), la foi (croire en l’autre, s’attendre à ce qu’il réussisse) et l’amour (faire ce qui est bon pour l’autre. Lorsque ces trois conditions sont présentes, Freire souligne que la confiance vient naturellement et de la confiance découle l’apprentissage. En revanche, si l’une des trois manque, que j’utilise cette personne pour obtenir ce que je veux, que je suis arrogant, ou que je ne crois pas en l’autre personne, le dialogue et la confiance sont impossibles.

Le troisième ouvrage partagé par Jim est Dialogue : l’art de penser ensemble (Dialogue : the art of thinking together) de William Isaac. Isaac explique que le dialogue est l’équilibre entre plaidoyer et demande. Autrement dit, entre dire et demander. Lorsque Jim dialogue, il partage ses idées, mais comme des questions et non des affirmations. Jim nous propose de demander la permission : est-ce que que tu serais d’accord pour que je te partage ce que j’en pense?’ Ce genre de question s’applique si la personne avec qui on dialogue est coincée et ne semble pas trouver de moyen de contourner le blocage. Jim rappelle l’importance de l’humilité dans le processus. Le coaching est une co-construction. La personne qui est coaché est celle qui prend les décisions.

Pour conclure, Jim nous rappelle que le dialogue a besoin de trois conditions et qu’il ne faut pas manquer de les nommer, de verbaliser, que nous croyons en notre interlocuteur et souhaitons le meilleur pour lui. Il convient de l’approcher avec humilité pour qu’ils croient à notre intention positive et bienveillante. La confiance pourra ainsi se développer.

Cette vidéo a été très intéressante pour moi. Évidemment, le côté didactique de Jim (détenteur d’un PhD en éducation) a rendu la fixation du savoir beaucoup plus facile. Mais outre la structure, cette vidéo a rejoint beaucoup de mes principes et de mes apprentissages de coach. L’écoute est, certes, une compétence clé, mais aucun dialogue n’est possible sans la confiance entre les personnes. L’intention bienveillante, l’humilité et le biais de développement sont autant de concepts que nous essayons de vivre et faire vivre pleinement chez Leadership PH. Je vous renvoie aux articles de Jérôme sur ces sujets, ainsi qu’à nos rendez-vous des Leaders Performants et Humains.

Pousse ta réflexion plus loin

Pour finir cette semaine, Michael Bungay Stanier (MBS) nous offre de pousser la réflexion plus loin en nous proposant les questions suivantes : 

  • Quand tu penses à une conversation difficile qui s’en vient, qu’est-ce qui est plus développé pour toi : l’humilité, la foi, l’amour? Qu’est-ce qui est le moins développé?
  • Qu’est-ce qui t’es utile quand tu réfléchis à cela? Et que vas-tu faire avec le fruit de ta réflexion?

La leçon de Jim nous rappelle que le dialogue a besoin d’humilité, de foi et d’amour. Pas besoin d’être dans un contexte de coaching pour que cela soit vrai. N’importe quel dialogue répond à ces critères. Alors, pour pousser notre réflexion, nous pouvons penser à n’importe quel moment avec nos proches, nos collègues, etc.

J’ai personnellement trouvé l’exercice très intéressant et ce sont des minutes bien investies pour se préparer à une conversation. 

Avec quoi je repars?

Une vidéo intéressante, bien expliquée et qui me rejoint. 

Et toi? Qu’as-tu pensé de la vidéo?

Quelle approche utilises-tu ?

À la semaine prochaine pour une année de Vie Brillante!

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